Avant d’agir en RSE, voilà ce que vous devez accepter (sinon, n’y allez pas)

On parle souvent d’actions RSE, rarement de ce qu’elles impliquent vraiment : prioriser, renoncer, arbitrer, dire non.
Dans cet épisode, je pose un cadre clair : la RSE n’est pas un supplément d’âme, c’est un système de décision stratégique pour dirigeants prêts à jouer le vrai jeu.

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Papotons de RSE, #6.1_Avant d’agir en RSE, voilà ce que vous devez accepter (sinon, n’y allez pas) (9 min 34 s)

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Donc aujourd’hui, avant d’agir, voilà ce que vous devez accepter. Sinon, vaut mieux pas y aller. Si vous cherchez une méthode magique pour faire la RSE sans rien changer, ben je crois que vous pouvez vous arrêter. La RSE, c’est pas juste un vernis, c’est pas juste une ligne en plus sur votre site, c’est pas juste un rapport Canva que vous allez faire pour faire plaisir à un client. La RSE, elle vous oblige, vous allez devoir rendre des comptes, et si vous êtes pas prêt à ça, ben je crois que ça sert à rien d’y aller. Vous allez perdre du temps, de l’énergie, de la crédibilité.

Alors tout d’abord, la RSE n’est pas neutre, elle peut ne pas être confortable. Puisqu’il va falloir vous interroger, vous questionner sur votre façon de travailler, vos fournisseurs, vos habitudes, vos décisions faciles. Aujourd’hui, si vous voulez réduire votre impact carbone, c’est un super plan, c’est un super projet. Là, je vous suis à 100 %, mais pour ça, est-ce que vous êtes prêt à renoncer à votre fournisseur principal ? Vous savez, celui qui est pas cher, mais qui produit à l’autre bout de la terre sans trop se préoccuper de son impact environnemental ? Est-ce que vous êtes prêts à revoir vos déplacements ? Oublier un peu votre voiture, prendre les transports en commun, prendre le train à la place de l’avion, est-ce que ça, c’est envisageable ? Est-ce que vous êtes prêts à investir dans du matériel plus durable mais qui sera plus coûteux à court terme ? Et ce que je vous dis là, c’est vrai sur tous vos achats, que ce soit pro ou perso.

Pour clarifier, la RSE, c’est pas juste j’ajoute des actions, je réfléchis différemment et on change un peu la façon de prendre des décisions ensuite.

Le 2e point important, c’est que vous devez accepter que vous ne pouvez pas tout faire. La RSE, c’est un équilibre entre le social, l’économique et l’environnemental. Mais je vous l’ai dit ici, pas de bisounours. Je sais bien que ce n’est pas toujours faisable, pas toujours possible. Et la RSE, c’est un arbitrage. Choisir, c’est renoncer. Et donc vous pourrez pas être à la fois le moins cher, le plus rapide, le plus rentable et le plus responsable. Va falloir prioriser, faire des choix, arbitrer. Et donc ces choix-là, vous allez les mettre où ? Vous allez commencer par votre bilan carbone, améliorer la qualité de vie au travail, vos salariés en ont peut-être besoin, faire un point sur vos fournisseurs, où ils en sont, qu’est-ce qu’ils font ? Ou communiquer ? En tout cas, il y a un truc qui est sûr, et ce que je dis régulièrement à mes clients, c’est si vous voulez tout faire, vous ne ferez rien correctement.

Ensuite, faut se mettre d’accord sur un point, encore un. La RSE, elle oblige à poser des limites. Si vous voulez vraiment être responsable, bah va falloir apprendre à dire non. À certains clients, à certains marchés, à certaines pratiques, parfois à certaines habitudes. Donc je vous dis pas que ce sera toujours facile et que vous pourrez toujours le faire clairement. Mais si votre client vous impose des délais intenables, que les équipes le vivent pas bien ou vivent dans de mauvaises conditions de travail, bah ça sert à rien d’avoir mis en place des ateliers de qualité de vie au travail, de leur avoir appris à gérer leur stress si vous leur filez une pression pas possible derrière. Donc clairement, va falloir vous positionner. Et ça, ça s’appelle du courage managérial.

Ensuite, vous serez pas parfait et personne ne l’est, même les boîtes qui ont un EcoVadis Platinum, qui sont exemplaires. La RSE, ça reste une démarche d’amélioration. Donc il y a des choses que vous ferez bien, d’autres moins bien. Il y aura encore des incohérences, des zones grises, des contradictions. Ça, c’est normal, c’est la vie au quotidien. Et en tant qu’entrepreneur, vous savez que c’est encore plus difficile de faire des choix toujours alignés en fonction du client, du marché, etc. Ce qu’on vous demande là, c’est pas d’être parfait, c’est de vous améliorer. La RSE, c’est une progression structurée. Si vous commencez, si vous vous dites qu’il faut être irréprochable pour commencer, bah vous commencerez jamais. Si vous vous dites qu’il faut être irréprochable pour commencer à communiquer, bah vous direz jamais à vos clients ce que vous avez mis en place. Mais par contre, soyez humble dans la communication.

Enfin, la RSE, c’est un choix stratégique, pas moral, c’est pas une posture gentille, c’est un choix stratégique. C’est vous qui décidez comment vous allez vouloir travailler demain et je vous dis pas que tout se fera du jour au lendemain. Ça peut être une vision à 10 ans, 15 ans. Pour faire changer les lignes, il y a des choix stratégiques qui vont être plus complexes, plus compliqués à mettre en œuvre, mais en tout cas, soyez droit dans vos bottes. Alignez-vous avec ce que vous vous imaginez, ce que vous voulez faire pour votre entreprise pour que vous soyez le plus cohérent dans votre démarche. Si vous travaillez sur des marchés publics, des appels d’offres, si vous avez des clients, des gros donneurs d’ordre, vos banquiers, vos financeurs, vos salariés pour la marque employeur, tout ça, en fait, vous faites pas de la RSE pour faire joli aujourd’hui, c’est que si vous n’en faites pas aujourd’hui, vous prenez un risque business. Sur les marchés, ça devient obligatoire en août 2026. On passe à des engagements contractuels sur le pilier environnemental. Les attentes clients sont de plus en plus fortes sur ces questions-là. Pour vos financeurs, clairement, assureurs et banquiers préfèrent une boîte responsable qu’une boîte qui l’est pas. Pour leur prêter de l’argent, pour les assurer, vous aurez de meilleures conditions. Et puis la marque employeur, si vous avez pas encore creusé un peu la question, ben il est grand temps de vous y mettre puisque vos futurs salariés ont pas forcément envie de bosser pour n’importe qui. Le marché est plus en tension, on trouve plus facilement du travail que vous, vous trouvez d’employés, donc faut aussi être conscient que c’est ça. Mais si vous acceptez pas ces règles du jeu, ben ça va être compliqué.

Bon, si vous êtes encore là, c’est bon. Ça veut dire que vous êtes prêt à prioriser, arbitrer, assumer, progresser. Et la RSE, c’est pas un supplément d’âme, c’est vraiment un système de décision. À partir du moment où vous l’acceptez, le jeu devient passionnant. Si cet épisode vous a un peu bousculé, c’est normal, la RSE n’est pas confortable, elle est stratégique.

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