Bilan carbone : pourquoi le mesurer ? A quoi il sert et comment le comprendre ?

Vous repartirez avec des clés simples et efficaces pour mesurer votre empreinte carbone et agir de manière responsable.

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Papotons de RSE, épisode #5.1_Bilan carbone (10 min 35 s)

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Bonjour à tous, aujourd’hui j’ai envie de vous parler de bilan carbone.
Alors, juste pour vous situer, c’est un phénomène qu’on voit apparaître et disparaître régulièrement depuis 30 ans.
Et ouais, ça a déjà 30 ans.

Le bilan carbone a été inventé par Jean-Marc Jancovici, celui qu’on voit régulièrement dans les médias pour nous expliquer qu’il faut arrêter de prendre l’avion.
Il l’a créé parce qu’on lui a demandé un moyen de comparer les entreprises et leur impact, leur pollution, en dehors de leur système monétaire.
On est à la veille de la création des quotas carbone, il faut trouver un moyen pour dire : ben, qui aura les bonus, qui aura les malus ?

Donc la méthode, elle se fait autour de 3 périmètres.
Le premier, le scope 1, c’est l’énergie directe, toute la consommation d’énergie venant d’une matière énergétique directe : bois, fioul, tous les carburants pour les véhicules, le gaz, etc.
C’est une énergie directe, donc on va lui appliquer un facteur de conversion et on aura son scope 1.

Pour le scope 2, ce sont les énergies indirectes.
Dans ce cas-là, on va avoir les énergies qui sont produites à partir d’une autre énergie.
Ça va être le cas pour l’électricité, par exemple, ou le chauffage urbain.

Et le 3e périmètre, le scope 3, est celui qui pose le plus de problèmes aujourd’hui puisque c’est le plus complexe à obtenir, et c’est celui sur lequel les entreprises ne vont pas forcément au bout des choses.
Et donc on arrive à des grosses incertitudes sur un scope 3, puisque chacun va donner l’information qu’il souhaite pour se pénaliser le moins possible, et donc on mesure un peu des choux et des carottes.

Sur le scope 3, on va convertir tous les intrants et tous les sortants de l’entreprise en carbone.
Pour cela, on va prendre en compte la matière première qui rentre dans l’entreprise, le bâtiment, les équipements informatiques, les machines, les bureaux, tout ce qu’on a acheté, tout ce qui est mobilisé ou immobilisé dans l’entreprise.
On va y intégrer les trajets domicile–travail de tous les salariés, tous les trajets qui ne seront pas directement pris sur du scope 1.
Donc la flotte de véhicules sur laquelle on va directement payer le volume de carburant, mais aussi tous les transports qu’on va faire pour aller prendre le train, pour aller faire un séminaire, l’avion ou tout ce qu’on voudra.
Les frais de mission des salariés.
Et puis dans les frais de mission, on va aussi rajouter les frais de bouche, les frais d’hôtel qu’on va convertir aussi, etc.

Pour les intrants, vous voyez qu’on va jusqu’au bout du bout, du bout du bout de tout ce qui rentre.
En fait, tout ce qui rentre en comptabilité financière rentrera aussi en comptabilité carbone.
Et tout ce qui sort, ce sont les produits qu’on va vendre, mais aussi tous les sous-produits, les déchets qu’il va falloir éliminer d’une façon ou d’une autre.
Donc vous voyez bien le volume de matière qu’il peut y avoir.

Il y a des facteurs carbone pour beaucoup d’éléments, mais vous vous doutez bien qu’il y a certains éléments sur lesquels on ne sait pas faire la conversion.
Je parlais de formation ou de séminaire : sur le séminaire, on peut imaginer avoir un impact carbone du traiteur, des éléments, etc., mais sur une formation, c’est beaucoup plus complexe.
Et donc là, on va faire de la conversion monétaire.

Sur la conversion monétaire, on est sur un “X euros vaut X carbone”, et là c’est plus compliqué.
Et si vous faites de la conversion monétaire sur des items qu’on pourrait convertir matière–carbone, genre le carburant…
Aujourd’hui, on est d’accord qu’un litre de carburant c’est entre 1 € si vous êtes sur du GPL et 2 € sur de l’essence, en fonction des périodes.
Eh ben si on fait du monétaire, ça ne veut rien dire, parce que du coup je ne saurai pas exactement combien de litres de carburant vous avez consommé.
Par contre, si je fais la conversion du litre de carburant consommé en carbone, du coup on aura quelque chose de plus précis.

Et donc c’est là où c’est complexe aujourd’hui : sur le scope 1 et le scope 2, c’est facile, on peut clairement dire ce qu’on fait et comment on le fait, et c’est vérifiable.
Sur le scope 3, il faudrait être sûr d’avoir tous les éléments, et on ne fait pas encore de compta carbone.
L’idéal, ce serait qu’on ait une double comptabilité : une comptabilité financière comme on la connaît depuis très longtemps, et une comptabilité carbone.
Celle-là serait plus sûre, il y aurait moins d’incertitudes et, du coup, on aurait plus confiance.
C’est la partie qui est un peu plus complexe.

La bonne nouvelle, c’est que même s’il y a beaucoup d’incertitudes, si vous faites le même calcul, si vous appliquez les mêmes coefficients sur les mêmes matières, et que vous faites juste la variabilité de votre production de l’année…

Exemple : prenons un menuisier qui travaillerait des planches de pin, parce que c’est facile à voir à quoi ça ressemble.
La planche de pin, elle se convertit en carbone, ça on le sait.
Une planche de pin brute produite en France, on sait son impact carbone.
Si on sait d’où elle vient et comment elle a été transportée, on va vraiment connaître son impact carbone jusqu’au bout.
Donc il la travaille, il en consomme 10 tonnes par an.
Eh ben du coup, je vais pouvoir faire sa conversion.
Et donc, si l’année suivante, il produit pour 15 tonnes, la différence on va la connaître et on saura que c’est lié à une amélioration de sa production.
Mais s’il utilise un bois qui a un moindre impact, peut-être qu’il utilisera aussi 15 tonnes de bois mais que, du coup, son impact carbone sera réduit.
Et c’est sur ces incertitudes et la répétitivité de ces incertitudes qu’on va pouvoir avoir une visibilité de l’impact.

L’intérêt du bilan carbone, c’est sa répétitivité.
On va faire son bilan carbone une année N, puis on va le refaire — allez, N+1, +2, +3 si on a le temps de s’en occuper — mais au moins tous les 2–3 ans pour voir comment ça évolue.
Et puis mesurer, c’est bien, mais c’est surtout de voir l’ambition qu’on a derrière.

Donc la phase suivante d’un bilan carbone, c’est sa trajectoire carbone.
Pour la trajectoire carbone, c’est comme si vous vouliez vous mettre au régime.
Aujourd’hui, si je pèse X kilos, je veux faire -20 %, et je me laisse 6 mois pour y arriver. C’est ambitieux, mais passons.
Eh ben pareil sur mon impact carbone : je vais avoir la même réflexion.
Je vais me dire : aujourd’hui j’émets 100 — j’aime bien la base 100, c’est facile à voir ce qu’on veut faire — j’émets 100 tonnes d’équivalent carbone chaque année.
Ben je veux travailler sur la question, donc je vais commencer par réduire tel impact, tel impact, parce que ceux-là sont visibles et que je sais ce que ça va donner.
Et puis du coup, l’année prochaine, je peux espérer avoir fait 5 % de moins, et l’année suivante on continuera à faire encore 5 %.
L’objectif, c’est de réduire et de se donner une vision long terme.
La trajectoire carbone est une vision long terme : clairement, ce n’est pas quelque chose qu’on fait à 6 mois, c’est quelque chose qu’on fait à 10 ans, en se laissant des étapes justement qui permettront de se faire un point d’arrêt en disant :
“Là, on est à l’objectif, on est allé plus vite que prévu, cool”, ou au contraire :
“On est allé moins vite, on a eu plus de difficultés”, et essayer de comprendre d’où elles viennent pour pouvoir recadrer le projet et avancer.

Mais tout ça, en fait, c’est assez immatériel, donc c’est assez compliqué de vous projeter.
Donc je vous invite à calculer votre bilan carbone personnel.
Dans la description, je vais vous mettre quelques liens pour vous aider à aller travailler sur ces questions-là.
Mais c’est hyper intéressant de savoir où on se positionne aujourd’hui.
En Europe, individuellement, on a un équivalent carbone d’environ 10 tonnes.
Si vous avez suivi les rapports du GIEC, pour éviter de dépasser les 2 °C à la fin du siècle, il faudrait qu’on arrive à descendre à 2 tonnes d’équivalent carbone chacun.
Faut diviser par 5 notre impact. 5, ce n’est pas -20 % dont je parlais tout à l’heure, il nous restera plus que 20 %.
On doit baisser de 80 % notre impact.

Donc clairement, allez voir ce que ça fait, allez voir les impacts que vous allez vous voir changer.
C’est aussi ce qui crée un tel déséquilibre au niveau de la transition écologique : ça demande tellement de changements individuels que, du coup, ça crée des freins énormes, une résistance au changement comme on en a rarement connue, et on a énormément de mal à embarquer tout le monde.

Ce qui est intéressant aussi, c’est de voir à quoi correspond l’impact carbone.
Parce que “mon ordinateur qui a un impact carbone de 10”, ben même si je suis du métier, des fois c’est un peu compliqué à visualiser.
Et donc je vais vous mettre un outil aussi qui permet de convertir en “Paris–New York”, par exemple.
C’est bien de se rendre compte, en fait. Le Paris–New York, on sait que c’est pas bien, donc celui-là, on sait le convertir.

Donc voilà : je vous mets quelques outils, quelques pistes et, du coup, une infographie pour comprendre les 3 périmètres du bilan carbone, pour mieux comprendre l’exercice. À très vite.

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À très vite.

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