Papotons de RSE, épisode #5.5_Achats responsables (8 min 51 s)
Écouter l'épisodeTranscription texte
Aujourd’hui, on va parler d’achats responsables.
Le sujet peut paraître très compliqué mais, bien abordé, en suivant quelques étapes assez simples, vous verrez, c’est beaucoup plus simple qu’il n’y paraît.
La première étape, c’est de faire le bilan de vos fournisseurs. Vous avez certainement quelque part une liste de vos fournisseurs. Alors, le fournisseur chez qui vous avez acheté un produit il y a 10 ans, on va l’oublier. On va travailler sur les 80/20, on va être efficace.
Prenez les fournisseurs avec lesquels vous travaillez régulièrement, avec lesquels vous faites le plus gros chiffre d’affaires : c’est ceux-là qui sont prioritaires. On fera les autres plus tard, on est d’accord. Vous pouvez déjà faire un premier état, faire des catégories si ce n’est pas déjà fait, des différents produits, des familles d’achats, si ce n’est pas découpé comme ça chez vous actuellement.
Et puis on va passer à la phase 2. Dans ce cas-là, on va aller demander aux fournisseurs leurs engagements. On va leur indiquer que votre entreprise s’intéresse à la RSE, que vous y êtes attaché et que c’est important pour vous. Et on va leur demander s’ils ont déjà mis en place des choses, s’ils ont des nouveaux produits qui seraient plus vertueux d’un point de vue social ou environnemental, s’ils ont déjà des labellisations, s’ils peuvent vous proposer des produits un peu plus innovants avec lesquels vous ne travaillez pas encore.
En faisant ça, un de mes clients a découvert que son principal fournisseur, la PME d’à côté, était labellisée depuis plusieurs années. C’était la belle surprise. Et en plus, ils avaient sorti un nouveau produit qui était plus vertueux que celui qu’ils utilisaient au quotidien pour à peine plus cher. Coup double. Tout était gagné.
Une fois que vous savez ce que font vos fournisseurs, va falloir définir quels sont vos critères à vous. Qu’est-ce qui, pour vous, rend un achat responsable ?
Vous pouvez prendre tout ou partie des différents exemples que je vais vous donner maintenant.
Le premier sujet, ça va être l’achat local. Est-ce que vous estimez que, pour vous, l’achat devient responsable à partir du moment où il est local ? Et que veut dire local ? Vous l’achetez dans la ville où vous êtes installé ? Dans votre département ? Dans votre région ? En France ? Dans un périmètre de 10, 15, 50 km autour de vous ? À vous de définir le cadre.
Mais l’avantage, c’est que pour définir vos achats locaux, ce sera assez simple après de dire que les achats que vous faites chez vos fournisseurs A, B, C se situent dans ce périmètre et donc vous avez X % de vos achats qui sont considérés comme locaux.
Le deuxième item, ça va être les critères environnementaux : est-ce qu’ils vous proposent des produits qui correspondent à des engagements ? Des produits sans solvants ? Des produits sans additifs, sans addition de produits chimiques ? Des produits totalement recyclés ou totalement recyclables (parce que malheureusement ce n’est pas encore le cas aujourd’hui) ? Et puis derrière, on va pouvoir aussi regarder les modes de transport. Vous pourriez préférer un fournisseur qui vous livre systématiquement avec un véhicule électrique plutôt qu’avec un 38 tonnes pour vous transporter un petit carton.
Tous ces critères-là : à vous de voir ce qui vous touche, ce qui est important pour vous, pour votre entreprise, pour votre filière d’activité, pour choisir quels sont les critères.
Sur l’engagement social, vous pourriez décider de travailler avec des entreprises qui privilégient l’insertion, avec des ESAT ou des EA.
Les ESAT, c’est les anciens CAT : ce sont des entreprises qui font travailler du personnel en situation de handicap. Les EA, ce sont des établissements adaptés, qui proposent des activités plus communes, plus quotidiennes. Les ESAT ont besoin d’un accompagnement médical et donc là, c’est souvent des activités un peu plus simples.
Mais un ESAT peut vous proposer de recycler vos déchets, de vous fournir du matériel à façon, de faire votre entretien des locaux ou de vos espaces verts, par exemple. En dehors de ça, on peut aller jusqu’à vous travailler votre communication, faire votre site internet, etc.
Revenez au sujet du handicap de la saison précédente, vous comprendrez que c’est beaucoup plus simple que ce qu’il n’y paraît.
Donc, on a fait les critères locaux, sociaux et environnementaux. Vous pouvez très bien définir un critère par famille d’achat ou, pour une famille d’achat, avoir plusieurs critères. Ce n’est pas un critère unique pour tout — ce qui parfois serait incohérent, pas très pertinent et ne porterait pas beaucoup de chances à votre démarche.
L’idée, c’est de trouver la solution qui sera la plus efficace dans la façon dont vous allez vouloir travailler, et surtout pouvoir les lister.
On est arrivé à la phase 2 : vous savez ce qui est important pour vous.
La phase 3, c’est d’en informer le monde. Maintenant que vous savez ce que font vos fournisseurs, maintenant que vous savez ce que vous voulez, vous, il va falloir prévenir vos fournisseurs que vous voulez qu’ils fassent plus d’efforts pour ceux qui ne le font pas encore, ou leur dire que vous êtes ravis, les informer que leur façon de travailler et la vôtre sont concordantes et que vous allez pouvoir poursuivre votre partenariat.
Pour les fournisseurs qui ne rentrent pas dans le cadre, vous avez deux options :
— vous leur laissez le temps de s’adapter, en les accompagnant, en leur indiquant quelqu’un qui pourra les accompagner (le consultant qui vous a suivis peut peut-être les aider aussi, pardon, ça peut être une option) ;
— et si en face le fournisseur ne veut pas en entendre parler, la deuxième option, c’est de changer de fournisseur.
Dans 90 % des cas, vous avez certainement un concurrent qui sera peut-être plus à même de répondre à vos besoins. À vous d’aller chercher la solution la plus efficace dans le cadre de vos achats responsables.
La phase 4, ça sera de contractualiser. Le plus simple, c’est la charte des achats responsables, où vous écrivez clairement ce que vous attendez de vos fournisseurs et à quoi vous vous engagez en contrepartie.
Une charte, ce n’est pas unilatéral : c’est dans les deux sens.
Vous pouvez vous engager à travailler plus fréquemment avec eux, à payer avec un délai un peu plus court, à avoir un point régulier avec eux, à les favoriser… Vous trouverez bien quelque chose à préciser dedans.
L’étape suivante sera de faire le point : maintenant que vous avez fait le point de vos achats sur l’année écoulée, combien de vos achats étaient considérés comme responsables ? Et maintenant, fixez-vous un objectif. Si vous étiez à 10 % (parce que vous avez été très ambitieux sur vos objectifs responsables), c’est quoi l’ambition pour l’année prochaine ? On passe à 12 ? Ou déjà à 25 ? La trajectoire n’est pas la même.
Et ce point-là, vous le ferez chaque année. Peut-être que l’année prochaine vous déciderez d’avoir des engagements un peu plus forts, d’aller encore plus loin dans vos achats responsables.
Et comme je vous le dis régulièrement, la démarche RSE, ce n’est pas une révolution : c’est un voyage à petits pas — enfin, à pas successifs — pour avancer au quotidien et améliorer votre démarche.
Ce podcast vous a plu ?
Alors n’hésitez pas, commentez-le, partagez-le.
Donnez-lui des notes 5 étoiles afin qu’il gagne en visibilité et puisse être partagé au plus grand nombre.
À très vite.
Des offres qui s’adaptent aux enjeux RSE de votre entreprise
JuSt lancer
Être autonome dans vos démarches, grâce à notre formation RSE en ligne. Nous vous transmettons les étapes clés pour répondre aux objectifs RSE de votre entreprise.
JuSt guider
Lancez toutes vos démarches RSE en ligne et de façon autonome, tout en accédant à notre communauté qui pourra vous guider et répondre à vos questions.
JuSt activer
Aborder votre stratégie et actions RSE avec vos équipes pour répondre de façon concrète et sur-mesure à vos objectifs RSE.