Papotons de RSE,
#6.3_Faire de la RSE quand on manque de temps, de budget et de ressources (donc comme tout le monde) (8 min 5s)
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Faire de la RSE quand on manque de temps, de budget, de ressources, bref, comme tout le monde. Soyons honnêtes, si vous manquez de temps, de budget ou de ressources, bienvenue dans la vraie vie des PME. Si la RSE était réservée aux entreprises qui ont tout ça, il n’y aurait presque personne qui en ferait.
Aujourd’hui, on arrête de fantasmer l’entreprise idéale. On parle de la vôtre, avec vos contraintes. Le mythe de la RSE avec des moyens. On imagine souvent que pour faire de la RSE, il faut un budget dédié, un responsable RSE, un cabinet conseil, un label, un bilan carbone complet, des indicateurs partout, etc. C’est faux. Ce qui coûte cher, c’est pas la RSE, c’est le manque de priorisation. Concrètement, sur le terrain, on voit souvent une petite boîte, une PME, qui lance 12 petites actions dispersées. Résultat, énergie diluée, pas de cohérence, pas d’impact visible. C’est pas un problème de budget, c’est un problème de focus, c’est un problème de vision.
Si vous imaginez la contrainte comme un filtre stratégique, manquer de temps, c’est un filtre. Manquer d’argent, c’est un filtre. Manquer d’équipe, c’est un filtre. Et un filtre, ça oblige à choisir. Alors posez-vous une question : si je ne fais qu’une chose cette année, laquelle aurait le plus d’impact. Concrètement, si on parle BTP, souvent on parle d’accidents ou d’absentéisme. Le point d’entrée, c’est la sécurité, la prévention sur le chantier. Et ben les actions structurantes, ça pourrait être un audit terrain, faire un vrai focus de ce qui marche et de ce qui marche pas, la mise à jour du document unique, mettre en place des actions correctives, faire participer les salariés à l’évolution des EPI, etc. Pas glamour, quoi que, ultra rentable.
Dans le transport, alors clairement, tu as deux problèmes majeurs, c’est le carburant et la pression client. Le point d’entrée, ce serait la consommation par exemple. Et dans ces cas-là, ben tes actions structurantes, ça pourrait être le suivi mensuel de la consommation, la formation à l’éco-conduite, mettre en place des vrais objectifs de réduction, commencer à regarder ce qui existe comme d’autres motorisations ou d’autres solutions, réfléchir au ferroutage, autres techniques que juste la route, il en existe plein.
Dans un cabinet conseil, on a souvent un problème de turn-over. Donc le point d’entrée, ça pourrait être l’engagement des collaborateurs. Et tes actions structurantes, ça pourrait être des entretiens d’écoute. C’est souvent un vrai problème puisqu’on est dans le rush et qu’on ne prend pas le temps d’écouter les collaborateurs et leurs difficultés. Et ça, c’est une vraie valeur ajoutée. Clarifier leur parcours, le junior qui arrive, quand est-ce qu’il aura une vraie mission à lui, tout seul ? Et si tu lui dis rien, il va imaginer ce qu’il voudra. Soit qu’il aura sa mission dans trois mois et il va être hyper poussé si il l’a pas, soit il aura l’impression que tu lui fais pas confiance. Mais en tout cas, si tu lui clarifies le parcours en disant : bah tu dois suivre un senior pendant trois à six mois, et après tu commenceras à avoir des missions faciles, et puis après on va complexifier le truc et tu rendras des comptes, etc. Eh ben le sujet, il est plus simple. Et puis tu es transparent sur les objectifs, qu’est-ce que tu attends de chacun, comment tu veux, où est-ce que tu veux aller.
Et concrètement, si tu as bien compris ce que je viens de te dire, la RSE, c’est pas faire tout, c’est traiter le point le plus sensible. En plus, quand on manque de tout, temps, ressources, etc., ben on va appliquer la logique de la MVP, le minimal viable product. Et c’est ultra simple, en fait. Je te propose une base hyper simple. Tu choisis un enjeu prioritaire, une décision claire, un indicateur simple. Quand j’accompagne une boîte, je leur dis : je veux un enjeu dans chaque pilier, pas plus, et on traitera pas tout dans l’année. On traitera ça sur un ou deux ans, ça va dépendre de la structure de la boîte.
Si on prend l’enjeu recrutement, ta décision, ça pourrait être structurer une politique QVCT claire. Et ton indicateur, ce serait ton taux de départ ou la satisfaction interne. C’est pas compliqué de mettre en place un baromètre. Si on prend l’enjeu des chantiers, tu pourrais, comme décision, mettre en place un tri systématique sur 100 % de tes nouveaux chantiers. Et ton indicateur, le volume trié. Tu vois, on choisit pas 25 KPI, on choisit un indicateur de suivi. C’est pas spectaculaire, mais c’est clairement pilotable.
Et quand on manque de ressources, ce qu’il faut surtout pas faire, c’est la communication avant la structuration. Aller choisir un label trop tôt, de toute façon tu sauras peut-être pas forcément lequel sera le plus adapté. Et puis en fonction de ta démarche, peut-être changer d’avis, changer de modèle. Et copier-coller des actions de LinkedIn, ça sert à rien de faire la même chose que les autres. Alors il y a des trucs qui sont hyper intéressants, et oui, ça peut être une bonne inspiration. Mais si c’est pas ta vision, ton cap, bah c’est pas celle-là qu’il faut faire. Et puis surtout, pas tomber dans le greenwashing involontaire. Le plus dangereux quand on est contraint, c’est de vouloir paraître plus avancé qu’on ne l’est. La crédibilité, elle se construit sur la cohérence et pas sur la perfection.
La plupart de mes clients me disent clairement que leurs clients leur disent qu’ils sont déjà super contents qu’ils aient enclenché la démarche et qu’ils aient quelques actions à valoriser, plutôt que leur vendre du rêve alors qu’ils n’ont rien fait. Je te propose un exercice super simple à faire juste après l’épisode. Tu réponds à ces trois questions : où est-ce que je perds le plus d’argent aujourd’hui ? Où est-ce que je prends le plus de risques ? Où est-ce que mes équipes souffrent le plus ? Et la réponse à ces trois questions, c’est ton point d’entrée pour la RSE. Pas celui du voisin, pas celui d’un grand groupe, le tien. La RSE, elle est pas freinée par le manque de moyens, elle est freinée par l’absence de décision.
Les contraintes ne sont pas un problème, elles vous obligent juste à devenir stratégiques. Commencez petit, mais commencez juste. Si cet épisode vous a un peu bousculé, c’est normal, la RSE n’est pas confortable, elle est stratégique. Dans le prochain épisode, je vous indique par quoi commencer et pourquoi dans votre démarche RSE. Alors abonnez-vous pour ne rien rater. Si ça vous a plu, laissez une note, partagez-le à un dirigeant qui repousse encore le sujet. Et si vous voulez arrêter de réfléchir seul dans votre coin et structurer une démarche claire, actionnable et rentable, allez découvrir mes offres sur Just lancer, Just guider ou Just activer. Et la RSE ne commence pas par un rapport, elle commence par une décision. À très vite.
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