#6.4_Label, bilan carbone, actions terrain : par quoi commencer (et pourquoi) (7 min 32 s)
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Souvent, quand j’arrive chez un client, on me dit : on va faire un label, on veut commencer par un bilan carbone, ou on a déjà lancé quelques actions visibles. Stop. Le problème, c’est pas la motivation, le problème, c’est l’ordre. La RSE mal ordonnée coûte cher, et aujourd’hui, on va essayer, en tout cas je vais vous proposer, une séquence plus logique.
Pourquoi l’ordre est-il stratégique ? Parce que faire les bonnes choses dans le mauvais ordre crée de la frustration, des surcoûts, une perte de crédibilité, une fatigue en interne. Les exemples classiques, ça va être une PME qui lance un label, mais pas de diagnostic solide, pas d’alignement interne, pas de priorité claire. Résultat, elle subit l’audit au lieu de piloter sa stratégie, et le résultat n’est pas forcément au niveau attendu. Faire un bilan carbone mais ne pas mettre en place de feuille de route derrière, c’est pareil. Ça fait un joli PDF, pas de transformation.
Le sujet n’est pas quoi faire, mais plutôt quand le faire. Si on voulait définir un ordre logique, ça pourrait être : un, clarifier la stratégie. Celui-là, il sera toujours en premier, avant tout. Pourquoi on fait de la RSE ? Quel risque on veut réduire ? Quelle valeur on veut créer ? Sans tout ça, le reste, c’est décoratif. C’est quoi le cap, d’où on part et où on va ? Toutes ces ambitions-là, si le dirigeant ne les a pas un petit peu clarifiées avant de démarrer, le chemin va être un peu tortueux.
Deux, le diagnostic. Ça peut être simple, mais en tout cas, c’est une photographie honnête de ce que vous faites vraiment. Sur le pilier social, le pilier environnemental et le pilier économique et de gouvernance. On identifie les risques majeurs, les vraies forces de l’entreprise qu’il faudra pouvoir mettre en avant. L’objectif, c’est d’identifier trois priorités, une sur chaque pilier. Pas plus, au-delà, on devient rapidement débordé. Et si on n’a pas de priorités, on n’a pas d’ordre. On va faire plein de petites actions dans tous les sens, ce ne sera pas structuré, on sera un peu perdus, les équipes ne sauront pas où elles vont, et on revient sur cette idée de vision.
Une fois qu’on a décidé ces trois grands enjeux, on va pouvoir définir la feuille de route. À ce moment-là seulement, on commence à réfléchir à qu’est-ce qu’on met en place, c’est quoi les actions. On va avoir des décisions qui vont structurer la suite, mettre en place un plan d’action réaliste. Et quand on met un plan d’action, on associe les indicateurs qui vont avec. Et c’est là qu’on agit.
Si on reprend l’idée de la PME du BTP avec une priorité santé-sécurité au travail, on va pouvoir mettre à jour le DU, sensibiliser les équipes, avoir un plan de prévention structuré, et puis avoir des indicateurs sur la fréquence des accidents du travail, le nombre d’AT, le nombre de jours associés, et tous les indicateurs qu’on va pouvoir avoir autour de ça pour identifier quels sont les items sur lesquels il faut travailler.
Si on prend une priorité déchets, aujourd’hui, qu’est-ce qu’on trie concrètement ? Et puis du coup, qu’est-ce qu’on a les moyens de trier demain ? Est-ce qu’on va vraiment aller jusqu’aux neuf flux ? En fonction de la superficie, ce n’est pas toujours simple, mais qu’est-ce qu’on peut trier ? Quels sont les gros volumes ? On peut travailler sur le 80/20, les plus gros volumes de tri en priorité, et puis on ira sur les plus petits plus tard. On peut rechallenger les différents prestataires avec lesquels on travaille, en disant qu’on a une plus grosse ambition, qu’on veut plus d’éléments, plus de variétés de tri, et donc qu’on veut les associer à cette démarche-là, voire les mettre en concurrence si on trouve qu’ils ne sont pas assez ambitieux, qu’ils ne challengent pas assez. Là aussi, ce n’est pas toujours super sexy, mais c’est efficace.
Enfin, les grands chantiers, genre bilan carbone, label, on les fera, mais plus tard. Le bilan carbone devient utile quand on a clarifié les priorités, quand on est prêt à arbitrer, quand on a la capacité d’investir. Sinon, il devient anxiogène. Vous allez avoir un chiffre que vous n’allez pas comprendre, que vous n’allez pas pouvoir interpréter, et sur lequel vous ne saurez pas quoi faire, à part le recalculer l’année prochaine ou dans deux ans. Et concrètement, on en fait quoi ? Et si entre les deux, vous n’avez pas progressé, vous n’avez rien fait, ça va encore plus vous frustrer.
Les labels, c’est hyper puissant quand la démarche est déjà structurée, quand l’entreprise est prête à se challenger. L’objectif est stratégique, il n’est pas juste là pour cocher une case. L’objectif, c’est d’avoir une bonne note, en tout cas la meilleure qu’on puisse espérer, pour pouvoir gagner en crédibilité, gagner de nouveaux marchés. Le label ne crée pas la stratégie, il vient la valider, il vient confirmer que tout ce qu’on a mis en place est différenciant par rapport aux autres.
Donc, tu as compris les erreurs coûteuses c’est : faire un label pour faire sérieux, lancer un bilan carbone sous la pression d’un client, multiplier les actions visibles sans gouvernance, communiquer avant d’avoir structuré. Ça, c’est des effets vitrine, et la vitrine ne remplace pas les fondations.
Si tu veux bien faire, retiens : un, la stratégie ; deux, le diagnostic ; trois, le plan d’action ; quatre, les outils avancés tels que le bilan carbone, le label, etc. L’ordre crée de la cohérence, la cohérence crée de la crédibilité, la crédibilité crée de la valeur. Tu ne manques pas de volonté, juste un peu d’ordre.
Si cet épisode t’a un peu bousculé, c’est normal. La RSE n’est pas confortable, elle est stratégique. Dans le prochain épisode, j’aborderai un angle un peu surprenant. Et si ta meilleure décision RSE n’était pas la plus vertueuse ? Alors, pour ne rien rater, abonne-toi, si ça te parle, laisse une note, partage-le à un autre dirigeant qui repousse encore le sujet. Si tu veux arrêter de réfléchir tout seul dans ton coin et structurer ta démarche claire, actionnable et rentable, va découvrir mes offres Just lancer, Just Guider ou Just Activer. Parce que la RSE, ça ne commence pas par un rapport, ça commence par une décision. Alors, à très vite.
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