Papotons de RSE, #6.2_Les 3 mauvaises questions que se posent (presque) toutes les PME (6 min 32 s)
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Les trois mauvaises questions que se posent presque toutes les PME. Il y a trois questions que j’entends en boucle des dirigeants de PME. Trois questions qui paraissent logiques, rassurantes, et pourtant qui sont les pires points de départ possibles. Elles font perdre du temps, font dépenser de l’argent au mauvais endroit et surtout, elles entretiennent l’idée que la RSE est compliquée. Aujourd’hui, je démonte ces trois réflexes et on les remplace par des questions utiles.
La première mauvaise question, c’est : par quoi on commence ? Ça paraît innocent. Mais derrière cette question, il y a une erreur : on cherche une action, alors que la RSE, ça commence par une décision. Quand on demande par quoi on commence, on imagine un atelier, un bilan carbone, une charte, un label, une action visible. En fait, on veut juste cocher une case. Problème, en commençant par une action sans clarifier l’intention stratégique, c’est comme acheter des briques sans plan.
L’exemple concret, c’est une PME qui lance son bilan carbone, super, génial, mais pas de vision, pas de vision long terme, pas d’objectif priorisé, pas d’arbitrage budgétaire. Résultat, un beau PDF et aucune transformation. La vraie question, c’est pas par quoi on commence, mais qu’est-ce que je veux que la RSE change dans mon modèle d’ici deux ans ? C’est plus une action, c’est un cap.
La deuxième mauvaise question, c’est : quelle est la bonne action à mettre en place ? Là encore, on cherche la bonne pratique. Faut-il faire un potager d’entreprise, installer des panneaux solaires, mettre des poubelles de tri, lancer un atelier de QVCT ? La RSE, c’est pas juste un catalogue d’actions. La bonne action, elle va dépendre de vos enjeux, de vos risques, de votre secteur, de votre maturité. Et en fonction de tout ça, on ne va pas choisir la même. Une PME du BTP n’a pas la même priorité qu’un cabinet conseil. Un transporteur n’a pas les mêmes enjeux qu’une ESN. Donc la bonne question, c’est pas quelle est la bonne action, mais quel est le risque stratégique que je dois traiter en premier ? Quel est l’enjeu pour l’entreprise, la priorité ?
Et quand on passe par le risque ou l’opportunité business, tout devient plus clair. Exemple, difficultés à recruter. Eh ben on va réfléchir, on va mettre en priorité le pilier social et on va réfléchir à l’onboarding, à l’image d’entreprise, etc. La pression des donneurs d’ordre, il faut peut-être les rassurer aussi. Donc on va peut-être mieux structurer ses documents, valoriser ce qui est déjà fait dans l’entreprise, et ça, c’est pas structuré souvent. La hausse du coût de l’énergie, on a surtout vu “ah, ça va me coûter cher”, mais si on améliore l’efficacité énergétique, on va réduire son impact financier, mais aussi son impact écologique. Bref, la RSE, c’est pas faire des actions sympas, c’est sécuriser et renforcer son modèle.
La suivante, c’est souvent : est-ce qu’on est assez bons ? Et celle-là, elle bloque. Elle bloque énormément de gens. Beaucoup de dirigeants s’attendent à être propres pour parler de RSE. Ils se disent : on n’est pas assez exemplaires, on n’a pas fait assez de choses, on ne peut pas, on a encore trop de choses à améliorer, bref, on peut pas communiquer. Résultat, l’immobilisme, ou alors la RSE qu’on fait juste en interne, on ne la communique surtout pas à l’extérieur.
Et la RSE, c’est pas un concours de vertus, c’est une trajectoire. Personne n’est parfait, même les boîtes qui en font des caisses, même celles qui en font beaucoup. La question, c’est pas est-ce qu’on est assez bon, c’est est-ce qu’on est capable d’assumer notre progression de façon transparente. Ce qui compte, c’est pas d’étaler la confiture et de montrer un maximum de choses, c’est de reconnaître ses limites, prioriser, planifier, avancer. Et oui, on peut communiquer sur une démarche en construction, à condition d’être honnête et totalement transparent.
Vous voyez, le point commun de ces trois mauvaises questions, c’est qu’elles cherchent une action rassurante, rentrer dans du concret. Les bonnes questions cherchent une décision structurante. Dans les entreprises en fait, on a toujours besoin, dans une démarche RSE, de connaître le cap, la vision. Donc c’est pas juste un sujet d’activité, c’est un sujet de gouvernance. Et quand on passe de “quelle action” à “quelle décision stratégique”, on change de niveau.
Si vous vous reconnaissez dans l’un des trois niveaux, rassurez-vous, vous n’êtes ni en retard ni incompétent. Vous êtes simplement face à un changement de grille de lecture. On arrête de chercher la bonne action, on cherche maintenant la bonne décision, et c’est là que la RSE devient utile et rentable.
Alors si cet épisode vous a un peu bousculé, c’est normal, la RSE n’est pas confortable, elle est stratégique. Et dans le prochain épisode, je vous expliquerai comment on fait de la RSE quand on manque de temps, de budget, de ressources, donc comme tout le monde. Alors abonnez-vous pour ne rien rater. Si ça vous parle, laissez une note, partagez-le à un dirigeant qui repousse encore le sujet. Si vous voulez arrêter de réfléchir seul dans votre coin et structurer une démarche claire, actionnable et rentable, allez découvrir mes offres Just lancer, Just guider ou Just activer. La RSE ne commence pas par une action, elle commence par une décision. Alors à très vite.
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