#6.8 - Tableaux de bord RSE : ce qu’il faut suivre… et ce qu’il faut oublier (5 min 26 s)
Écouter l'épisodeTranscription texte
Aujourd’hui, on parle de mesures, et plus précisément de ce piège dans lequel tombent beaucoup de PME dès qu’elles structurent leur RSE.
Le tableau de bord qui ressemble à un cockpit d’Airbus : 40 indicateurs, des colonnes de chiffres, des couleurs partout, et personne dans l’entreprise qui sait vraiment pourquoi on suit ce truc ni ce qu’on est censé en faire.
Alors aujourd’hui, on remet les pendules à l’heure.
Tout mesurer est une erreur, ne rien mesurer l’est aussi.
Entre les deux, il y a une zone de bon sens qu’on va explorer ensemble.
Pourquoi on mesure ?
Pas pour produire un rapport, pas pour cocher une case, pas pour impressionner un donneur d’ordre avec un tableau de bord bien mis en forme.
On mesure pour décider.
Un indicateur qui ne change pas vos décisions ne sert à rien.
C’est une information de confort au mieux, une charge de travail inutile au pire.
Et si vous collectez une donnée depuis deux ans et que vous ne l’avez jamais utilisée pour arbitrer quoi que ce soit, supprimez-la sans regret.
Beaucoup de PME construisent leur tableau de bord en copiant celui d’une grande entreprise, d’un référentiel ou d’un concurrent qui a l’air de savoir ce qu’il fait.
Résultat, ils se retrouvent à suivre des indicateurs conçus pour des structures de 5 000 salariés, avec des équipes dédiées, des systèmes d’information intégrés et des budgets que la PME n’aura jamais.
Un bon indicateur RSE n’est pas un indicateur reconnu, c’est un indicateur utile pour vous, dans votre contexte, avec vos ressources.
Et ce n’est pas du tout la même chose.
Alors vous allez me dire quels indicateurs il faut suivre ?
Je conseille trois familles, pas plus.
D’abord, les indicateurs d’engagement.
Est-ce que vos priorités RSE se traduisent en actes concrets : le nombre de fournisseurs locaux, le taux de salariés formés sur un sujet donné, la part de vos achats responsables.
Ce sont des signaux qui montrent que la démarche avance vraiment, pas seulement sur le papier.
Ensuite, les indicateurs de résultats.
Est-ce que vos actions produisent un effet mesurable : la réduction de vos consommations énergétiques, l’évolution du taux d’absentéisme, le taux de fidélisation de vos salariés.
Pas des dizaines, deux ou trois bien choisis, suivis dans la durée.
Enfin, les indicateurs de perception.
Est-ce que vos parties prenantes voient la différence : retours clients, enquêtes de satisfaction interne, retours fournisseurs. Qualitatifs parfois mais réels.
Trois familles, deux ou trois indicateurs par famille maximum, c’est suffisant pour piloter sérieusement.
Ce qu’il faut oublier : les indicateurs qu’on ne contrôle pas.
Si vous dépendez entièrement d’un tiers pour collecter la donnée et qu’il ne joue pas le jeu, l’indicateur est mort avant même d’exister.
Les indicateurs trop flous pour être comparés dans le temps.
Améliorer le bien-être des salariés n’est pas un indicateur, c’est un vœu, un vœu pieux même.
Traduisez-le en quelque chose de mesurable ou ne le mettez pas dans le tableau de bord.
Les indicateurs qui mesurent l’activité plutôt que l’impact : le nombre de réunions RSE tenues, le nombre de pages du rapport, le nombre d’actions lancées.
C’est du mouvement, pas du résultat.
Ne vous félicitez pas d’avoir fait des choses, félicitez-vous quand les choses ont changé quelque chose.
La fréquence compte aussi.
Un tableau de bord RSE, ce n’est pas tous les matins, ce n’est pas le cours de la bourse.
Une revue semestrielle suffit pour la plupart des indicateurs, annuelle pour les données qui évoluent lentement. Une mise à jour uniquement quand quelque chose de significatif se passe, pas par réflexe administratif.
Le rythme doit servir la décision, pas l’inverse.
Un dernier test avant de fermer votre tableau de bord ? Regardez chaque ligne, pour chacune, posez-vous cette question : si cet indicateur se dégrade, est-ce que je fais quelque chose de différent ?
Si oui, gardez-le, c’est un vrai outil de pilotage.
Sinon, supprimez-le.
Un tableau de bord RSE efficace tient sur une page, lisible en cinq minutes, compréhensible par n’importe quel manager de votre équipe sans formation préalable.
Si ce n’est pas le cas, recommencez.
Si cet épisode vous a un peu bousculé, c’est normal.
La RSE n’est pas confortable, elle est stratégique. Et dans le prochain épisode, on abordera pourquoi 80 % des démarches RSE s’essoufflent et comment on peut éviter ça. Alors, abonnez-vous pour ne rien rater. Si ça vous parle, laissez une note, partagez-le à un dirigeant qui repousse encore le sujet. Si vous voulez arrêter de réfléchir seul dans votre coin et structurer une démarche claire, actionnable et rentable, allez découvrir mes offres Just lancer, Just Guider ou Just Activer. La RSE ne commence pas par un rapport, elle commence par une décision. A très vite.
Des offres qui s’adaptent aux enjeux RSE de votre entreprise
JuSt lancer
Être autonome dans vos démarches, grâce à notre formation RSE en ligne. Nous vous transmettons les étapes clés pour répondre aux objectifs RSE de votre entreprise.
JuSt guider
Lancez toutes vos démarches RSE en ligne et de façon autonome, tout en accédant à notre communauté qui pourra vous guider et répondre à vos questions.
JuSt activer
Aborder votre stratégie et actions RSE avec vos équipes pour répondre de façon concrète et sur-mesure à vos objectifs RSE.